parallèles en série: la GTL, naissance et descendance

 

Dr T. entre en résistance:

Après un période difficile au sein du groupe Breda, la situation prend un autre visage chez Ducati au début des année 70. Ducati passe sous le contrôle de VM, une entrprise de moteurs diesel, à qui l'état a confié la firme. Ce changement entraîne l’arrivée d’un nouveau staff de directeurs : Milvio, Spairani et Calcagnile, ils aiment la moto et croient à l’intérêt de la course pour promouvoir les machines de série. Mais le coût de production des L-twins à couples coniques lancés en 71 reste élevé et au bilan Ducati est mal en point. Autre facteur agravant, les modèles mono-cylindre qui commencent à dater et dont les ventes baissent malgré l’adoption de la distribution desmodromique en série depuis 1968. L’abréviation "desmo" crée par Ducati vient d’ailleurs de cette époque. 

                 

Il devient urgent de moderniser la production, alors il est décidé de mettre en chantier une nouvelle gamme de moyennes cylindrées.
"Il Dottore" propose donc un nouveau mono-cylindre et une version modernisée (réduite à 500 cc pour commencer) du V-twin à 90°. Ces deux moteurs sont des desmo avec des courroies crantées, plus légers et moins couteux que les précédants. Son projet consiste en une gamme de moteurs modulaires allant de 250 à 750 cc avec un maximum des pièces communes aux V-twins et aux mono-cylindres dans un but évident de rationalisation de la production, il imaginera même un peu plus tard de produire un 1000 V4 dans cette logique. 
Mais la direction refuse son projet de petit V-twin jugé encore trop coûteux, elle ne croit pas non plus aux courroies crantées, craignant qu’elles soient fragiles, alors qu’elles ont pourtant fait leurs preuves en automobile. L'administration hésite à investir, à innover. Alors on s’entête, on persiste mordicus, malgré tous les échecs des années 60, pour choisir un classique parallel-twin à faible côut décliné en 350 et 500, ce qui permet du même coup d’abandonner les mono-cylindres.
Eh oui, ça peut paraitre incroyable avec le recul, mais ces parallel-twins tant moqués par la suite, ont été "le projet phare" des dirigeants de Ducati à cette épopque ! Ils ne comprenaient pas que Ducati méritait plus d’ambition pour s’en sortir en proposant mieux que la concurrence, quitte à être plus cher, en restant dans l’esprit qui faisait le succès des V-twins 750 et 900 auxquels ils avaient pourtant cru au départ. Il faudra pour cela attendre l’arrivée du directeur général Zauibouri qui remplacera De Eccher en 78. Et surtout ils ne faisaient plus confiance à leur directeur technique qui faisait pourtant pour une fois preuve de réalisme. Aveuglés par leur vision purement comptable, ils étaient convaincus que pour lutter contre la concurrence japonaise la meilleure solution résidait dans la production en grande série de modèles à faible coût.

 

 

Là, véritablement humilié, Taglioni se fâche. Devant une décision aussi irrationnelle il menace de démissionner si on ne l’autorise pas à poursuivre ses projets, d’autant plus qu’il voit arriver les modèles innovants de la concurrence japonaise et même italienne. Et surtout il ne veut plus entendre parler des parallel-twins, il a dejà "donné" avec les prototypes avortés des années 60. Il a compris qu’au dessus de 350 un V-twin est la meilleure solution. Quant à Mengoli il est resté prudemment à l'écart par fidélité envers Taglioni. 
Alors un jeune ingénieur totalement inexpérimenté nommé Tumidei est recruté en 73 pour produire les nouveaux parallel-twins de moyenne cylindrée, il est assisté par l'ingénieur Milvio directeur de production, le tout sous la houlette de Manicardi nommé chef de ce projet. Mais petit détail, aucun des trois n'a jamais conçu un moteur de moto... (voir rubrique "conception technique") alors la direction décide de confier ce travail au bureau d'études anglais Ricardo Engineering en le cachant soigneusement à la presse car la dernière collaboration avec Ricardo avait été un échec cuisant. En 1973 Ducati avait confié à ce bureau l'étude d'un 350 de Grand Prix à 3 cylindres mais le projet avorta parce que le moteur ne produisit jamais la puissance escomptée, loin de là  

 


                                les premiers prototypes 350 et 500 de 1974 


Ainsi, Dr T. carrément mis au placard par les dirigeants, poursuit son travail avec une équipe réduite (Farné, Mengoli et Cavazzi) qui aboutira en 80 à la Pantah...
Il présentera divers prototypes 350 mono-cylindre desmo à courroie crantée pour retenir finalement un proche cousin du Pantah en deux versions: l’Utah, un joli et très original trail mono-amortisseur et la Rollah, une routière classique. Ces belles petites machines modernes habillées par Tartarini seront exposées au salon de Milano en 1977 puis à Cologne en 78 avec un prototype de la 500 Pantah. Elles recoivent un joli succès mais finalement, la marque ne croyant plus au marché des mono-cylindres, elles ne seront pas produites... alors que commence la mode des trails 4 temps (4 stroke) avec la Yamaha XT 500.

Photos ci dessous: 1, 2, 3 et 4: les  Rollah et Utah, 5: Taglioni durant les premiers essais en 76 de ses prototypes desmo à courroies crantées 350 mono-cylindre et 500 V-twin (prototypo 500 L-twin) déguisé en 500 SD pour les essais routiers.
photo 7: le dernier prototype avant la série de la 500 Pantah présenté à Milan en 77 et Cologne en 78 avec les Utah et Rollah.
Remarquez les apellations en vogue à Bologne à l’époque: Rollah, Utah, Pantah, Darmah...

   

   le moteur 350 (83x64) mono-cylindre à courroie crantée (27 hp à 7000 rpm) avec la culasse type Pantah

Aussi incroyable que ça puisse paraître, Taglioni avait donc été partiellement écarté de la direction. Silvio Manicardi ayant été nommé pour gérer le projet parallel-twins, Dt T. était désormais confiné à ses L-twins à couple conique et au minuscule département compétition réfugié chez NCR. Il poursuivra le développement de la gamme avec la 900 Super Sport en 75 (affublée des affreux carters carrés dans le style Giugiario) suivie en 77 par la Darmah qui sera l’ultime Ducati "Tartarini". Finalement les deux remporteront un grand succès et, après la célèbre 750 Imola, la 900 NCR et la "mille" (conçue par Bordi) se distingueront par de nombreuses victoires en compétition jusqu’au milieu des années 80. Le prestige de la marque est à son summum grâce à Taglioni et pourtant...

Ducati dans la tourmente politico-financière:

 Celà en dit long sur l’attitude des nombreux dirigeants qui se sont succédées (tous les 2 ou 3 ans) à l’époque à la tête de Ducati Meccanica après le départ de Montano remercié en 73 lorsque VM a pris le controle.
Il faut savoir que depuis la nationalisation de Ducati SSR après son dépot de bilan en 1948, la moto n’était pas la priorité des gestionnaires. Le groupe Breda conntrôlé par le holding d’état IRI (Institut de Reconstruction Industrielle) créé en 1933 par Mussolini et présidé à l’époque par Romano Prodi, le futur président du conseil, avait été contraint de céder Ducati en 1967 à cause de sa mauvaise gestion. La marque fut rattachée au groupe national EFIM (Etablissement de Financement Industriel et Manufacturier) qui était impliqué principalement dans l’industie lourde. A cette époque, Taglioni devait se conformer strictement aux décisions des directeurs, de purs administratifs détachés de VM Motori (Vancini Martelli), un fabriquant de moteurs diesel à qui l'EFIM avait  finalement confié Ducati.
 En fait Ducati Meccanica a failli disparaitre dans les années 80 malgré l’arrivée de la Pantah et de ses dérivés à la suite de l’échec ruineux des parallel-twins. L’usine serait probablement devenue une simple fabrique de moteurs pour VM Motori. Mais le holding IRI et le groupe EFIM ont été progressivement dissous et Ducati mis en vente. La marque a été sauvée in extremis pour le prestige de son nom grâce à son rachat par Giovanni Castiglione, le patron de Cagiva, en 83, retrouvant ainsi un statut de société privée: il était temps ! Repris provisoirement en 96 par le fond de pension Italo-Americain Texas Pacific Group lorsque Cagiva s'est trouvé à son tour en difficulté, Ducati Motors est ensuite devenu indépendant et Italien à 100 %.
 Entre 83 et 85, après son rachat par Cagiva, Ducati Meccanica a produit très peu de motos, environs 1700: quelques Pantah et dérivés, dont des TT2 et TT 1, des 900 MHR et S2. Il a même été question d'arrêter purement et simplement la production de motos sous la marque Ducati. L’usine fournissait surtout des moteurs Pantah 350 et 650 marqués "Ducati" à Cagiva (pour les Alazzura et Eléphant) tout en fabriquant par ailleurs au sein du département DDD (Ducati Diesel Department) des moteurs de bateaux, des moto-pompes et groupes électrogènes, des diesels d'automobiles pour VM et plus tard les moteurs V8 Ferrari des Lancia Thema 8-32. A cette époque des voitures Triumph TR 4, Herald et Spitfire furent également assemblées à Bologna, elles portaient l'écusson "Ducati Meccanica".
 La société a pris un nouveau départ en 85 quand Massimo Bordi a été nommé ingénieur en chef. La production a été recentrée sur la moto, le département diesel fut alors repris par VM et ensuite par la société Japonaise Yanmar crée par Ducati Meccanica. Ce fut l’époque des 750 F1 et TT F1, des 350/400 F3, des 750 Indiana et des "Mille" MHR et S2 avant l’arrivée en 86 des 750 Paso et Bimota DB 1 de Tambourini et ensuite des premières "desmoquattro" 851 qui relanceront définitivement la marque. Bordi sera nommé directeur technique en 89 lorsque Taglioni prendra sa retraite.

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Naissance (dans la douleur) des 350 et 500 parallel-twins:

(La "partie honteuse" de l’histoire ou le ratage magistal ?)

le dessin initial style "rétro" des carters latéraux

La direction même demandait à Taglioni de mentir à la presse en faisant croire que ces moteurs étaient son oeuvre et que tout allait bien, Tumidei était prié de rester caché. Ce pauvre Dr T. devait en avaler son chapeau !


  
un prototype de 1974 dans une partie cycle de 450 desmo


Photo des premiers essais presse de la GTL. L’équipe Ducati (les trois au centre) fait semblant d’être fière de son nouveau bébé ! Mais Milvio a l’air soucieux et Tumidei se force à sourire pour la photo...(Milvio et Tumidei portent une cravate), à noter l'absence de Taglioni.

La GTL ou le ratage historique:

 

Premier modéle de la série, la GTL est apparue au salon de la moto de Milano en 1975 en deux versions 350 et 500 accompagnées d’un prototype 500 desmo.

 

Mais Ducati vit une crise, l’usine est en restructuration et surtout la mise au point des prototypes s’est avèrée bien plus difficile que prévu. Il aura faudra attendre longtemps avant que la production ne commence.
Les débuts ne sont pas fracassants, les commandes arrivent doucement. Pourtant les essais presse ne sont pas mauvais, à part le l’habillage "kitch" signé Giugiaro pas franchement réussi, la machine montre de bonnes qualités et les performances de la 500 sont honnêtes, la 350 est un peu sous motorisée.
Par ailleurs les locaux sont occupés par d’autres activités (des diesel entre autres) et faute de place les motos sont assemblées chez Tartarini (célebre pilote Ducati et patron d’Italjet). Seuls les moteurs sont faits chez Ducati.
Mais pourtant prétendus fiables aux essais, les embiellages cassent comme du verre en clientèle, même en cours de rodage, en plus on déplore des fuites d’huile au niveau de la culasse. Des modifications sont prévues à la hate sur le bloc-cylindres, la culasse et l’embiellage. Mais la production tarde à suivre et les "cadavres" renvoyés commencent à s’entasser à l’usine qui continue à "réparer" avec des pièces défectueuses faute de mieux, c’est la panique !
Pour plus de détails techniques, voir rubrique "conception technique" et les nombreux déboires qui l'ont émaillée en sous rubrique "une conception douloureuse"

Les bruits courent vite, les ventes s’effondrent: quelques centaines alors que l’usine prévoyait d’en produire 3000 d’emblée. La crise continue, les directeurs se succèdent, Milvio est débarqués sans préavis et le directeur général Spairani ne va pas tarder à suivre.
Quant au pauvre Tumidei, l’ingénieur chargé de la mise en pratique de ce projet refusé par "il dottore", on a plus entendu parler de lui...

Tentative de sauvetage:


Alors, en désespoir de cause devant la catastrophe, le nouveau directeur De Eccher fait appel à Tartarini et surtout, Taglioni enfin sorti de son frigo, reprend sa place et est prié à son corps défendant de se pencher sur ce twin qu’il n’aime pas et ne connait pas. L’équipe se ressoude pour essayer par tous les moyens de sauver ce qui peut l’être et tenter d’améliorer la fiabilité du moteur. Mais le mal est fait, c’est top tard pour tout revoir, cela demande du temps et les moyens et le projet Pantah est dans l'air.
Pendant ce temps Cavazzi et Farné sont chargés d'étudier en éventuelle alternative et proposent un mono-cylindre à courroie crantée qui reprend l'architecture du bas-moteur du parallèle-twin, des essais sont effectués sur un prototype à cadre double berceau qui reprend l'habillage de la GTL. Ce modèle est présenté au motorshow de Milano en 1976 mais finalement le projet n'est pas retenu, la direction ne croit plus aux mono-cylindres.

mono-1976.jpg 
Le joli prototype 500 dessiné par Italjet présenté en 75 est lancé à Milan l’année suivante sous l’appellation Ducati 500 Sport, la distribution desmodromique est l’oeuvre de Taglioni. Mais les premières seront aussi fragiles que les GTL parce que les modifications ne sont toujours pas prêtes...
"Il  dottore" est aussi appelé au secours par Mototrans qui fabrique des Ducati sous license en Espagne et a eu la bonne idée de produire sa version de la GTL dénommée " Twin 500". Mais Ducati a bien caché ses problèmes et le même phénomène se produit à Barcelonne, des casses à répétition. De nombreuses modifications sont effectuées sur les moteurs produits en Espagne, elles touchent principalement à la distribution et à la lubrification avec le montage d'un radiateur d'huile, malheureusement les moteurs fabriqués en Italie n'en bénéficient pas.

Par ailleurs la direction lui donne enfin le feu vert pour son projet "500 L-twin" desmo, la future Pantah. De brillants ingénieurs y travaillent à ses cotés avec le fidèle Mengoli comme chef de projet assisté par des nouveaux dont Neri et Bocchi, un ancien de chez Ferrari, qui est passé par le département compétition de MV Agusta et étudiera une version 4 soupapes. Manicardi et Martini conçoivent la partie cycle-chassis, ce dernier dessinera ensuite le cadre Verlicchi des TT2 et, après après avoir collaboré avec GPM, remplacera Tambourini chez Bimota.
Quant à Farnè, toujours proche de Taglioni, il se charge de la construction et de la mise au point des prototypes.

 

le "dream team" Pantah et 750 TT F1: Bocchi, Mengoli, Taglioni, au centre Farné responsable de l'atelier prototypes, Martini et deux techniciens. Remarquer les tenues "réglementaires" Ducati de l'époque: les ingénieurs sont en blanc et bleu et les techniciens en bleu...

Le jeune Massimo Bordi vient aussi d'être embauché mais Taglioni l'envoie faire ses preuves au département diesel.
Ce sera le chef-d’oeuvre de la carrière de Taglioni mais quatre années ont été perdues et avec toutes ces émotions Dr T. a pris un coup de vieux...il a bientôt 60 ans.
En attendant, la 500 Sport Desmo nettement plus jolie que la GTL se vendra un peu mieux malgré des débuts cahotiques. La partie cycle est entiérement refondue par ce même Leopoldo Tartarini nettement plus inspiré que Gugario
. L’année suivante, un peu fiabilisée, on la voit même apparaitre en compétition (avec en prime un kit racing) dans le cadre d’une brève et confidentielle coupe 500 desmo destinée à redorer un peu son blason.
La Sport différe beaucoup de la GTL par son habillage ainsi que le cadre double berceau toujours interrompu. Les roues sont en aluminium coulé et le frein arrière reçoit un disque. Quant au moteur desmo il permet de gagner quelques chevaux (au détriment de la souplesse) et bénéficie enfin à partir de 77 de diverses améliorations appliqués également aux GTL qui continueront à être produites jusqu’au lancement de la GTV en 78.

 

le premier prototype de la 500 sport (1976) avec l’amortisseur de direction et les échappements peints en blanc

 

Dernier espoir, les GTV:


Dans l’urgence, pour remplacer la désastreuse GTL, Tartarini est chargé de dessiner une version assagie de la 500 SD (sans desmo) avec une vraie selle bi-place et un guidon haut, le résultat est assez réussi: la GTV est une joli roadster dont le "look" et quelques accessoires sont d’ailleurs empruntés à la 900 Darmah (photo de droite) également due à Tatrarini.


Quant à Taglioni il fait ce qu’il peut pour finir de fiabiliser le moteur. Il travaille surtout sur la distribution, la boite de vitesse évolue également, mais les paliers lisses sont conservés, un montage sur roulements à billes demanderait trop de modifications.
Pour relancer les ventes la présentation de la sport est revue et une version 350 est également lancée en 77. Ce sera la moins mauvaise année avec respectivement 1200 et 460 unités vendues pour les 500 et 350 SD.
Les 350 et 500 GTV arrivent en 78 mais c’est trop tard, la réputation de ces parallèles twins à la fiabilité encore problématique est faite. Et surtout les premiers prototypes de la Pantah (petite panthère) ont été présentés à la presse en 77 en même temps que les nouvelles 900SS et Darmah.
Et pendant ce temps, après une carrière en Formule 1, Mike Hailwood, en signe de reconaissance pour la marque de ses débuts, s’engage au Tourist trophy sur 900 NCR et remporte la victoire en TT F1 devant Phil Read sur Honda, faisant au passage un sacré coup de publicité à la firme qui en a bien besoin !
Mais surtout la concurrence n’a pas attendu Ducati ! Il y a profusion de moyennes cylindrées attractives sur le marché, V 50 Guzzi, 500 Morini, 500 Laverda, 500 XS Yamaha, 500 Honda et autres japonaises...et qui plus est la 500 SD est presque aussi chère qu’une 900 Darmah !
Les ventes sont toujours en chute libre, plus personne (et même certains importateurs comme les anglais) ne veut des paralléles: au total moins de 2000 GTV 350 et 500 confondu seront vendues, chiffre le plus bas de toute la série.
Alors, avec le soutien du nouveau directeur Zambouiri, Taglioni et son équipe finalisent la 500 Pantah, elle est présentée officiellement à Cologne en 78 et lancée en 80. Cette fois on a pris le temps de peaufiner mais c’est d’emblée un succès: Dr T. est enfin réhabilité ! Il était temps car cette machine géniale a sauvé et relancé Ducati, toutes les motos de la marque qui ont suivi en sont dérivées. Et, à sa demande express, Ducati reconnait enfin officiellement que les parallel-twins n’étaient pas son oeuvre.
Détail révélateur sur les premières 500 Pantah des problèmes de boite de vitesse sont apparus à l'usage, pas étonnant c'est le seul organe des parallel-twins qui avait été repris...

un prototype de la Pantah (1977)

L’agonie:


Cela sonne le glas des parallèles: fin 79 la production de moteurs est définitivement arrêtée et les dernières machines assemblées début 80.
Mais elles resteront au catalogue jusqu’en 83, tant qu’il restera de machines en stock à l'usine et aussi des invendus chez les concessionnaires, dont de nombreuses GTL...
Chose étrange, après trois ans d’interruption, Ducati réussira à vendre un dernier lot de 67 SD 500  à l’importateur Australien.
Finalement le stock de moteurs (photo ci-dessus, des dizaines) sera revendu des années après pour faire de la place et on en trouve encore des neufs à vendre en Italie (voir rubrique "pièces"), les derniers, les plus fiables qui avaient reçu d’ultimes modifications, trop tard...


Au total il aura été vendu moins de 8000 parallel-twins entre 1975 et 1983 , dont 3207 SD, sans compter les Mototrans (moins de 3000), alors que Ducati espérait en produire 3 à 4000 par an (voir chiffres de production un rubrique "modèles"), chiffres à comparer avec les 31.000 mono-cylindres desmo et les 21.000 L-twins 750, 860 et 1000 produits.
La plupart de celles qui roulent encore de nos jours sont des 500 Sport Dersmo, dont quelques unes préparées pour les courses d’anciennes. Il est probable qu’il reste quelques dizaines de parallèles twins tous modèles confondus en état de marche en France.

L’histoire brève et mouvementée de cette gamme maudite qui a failli ruiner Ducati et causé la faillite de Mototrans en est restée là...

La 500 SD "Austalie" de 83, roues Oscam et fourche Marzocchi de Pantah
et aussi les clignotants, les pattes de phare de GTV 
et surtout le dernier type de moteur réputé plus fiable et étanche....

 

pa-2011-ducati500sport-002.jpg

Moto exposée dans un musée Australien
La roue avant, les amortisseurs et les caches latéraux ne sont pas conformes.
(merci à Phil Aynsley qui m'a gentiment signalé cette nouvelle série de photos)