Concernant Ducati, voir en page 2: Les premières créations de Taglioni, les desmo "trealberi"
et les sous-rubriques:
Les parallel-twins de grand prix
Prototypes parallel-twins de route
Les parallel-twins de série: la GTL et sa descendance
Autres prototypes plus ou moins connus
Fabio Taglioni: "il Dottore Desmo"
Si on relate l’histoire de Ducati on en vient forcément à évoquer son célebrissime ingénieur et directeur technique sans qui Ducati ne serait pas ce qu’il est:
"Il dottore ingeniore" Fabio Taglioni à qui succèda en 1985 Massimo Bordi le pére du "desmoquattro" .

Fabio Taglioni avec Pat Slinn l'ingénieur de Tony Rutter

Taglioni à 36 ans avec sa première culasse desmodromique
Personnage de légende, idôlatré par les fans de la marque, véritable génie et artiste motoriste, il n’est ni plus ni moins que le créateur du fameux "desmo" Ducati.
Tout jeune il fut initié à la mécanique et à la moto par son père, un ingénieur en mécanique qui animait une entraprise de réparation de moteurs. Pendant la seconde guerre mondiale il fut responsable d'un atelier d'entretien de moteurs d'avions. A la fin des hostilités il reprit ses études à l'université d'Imola et prépara ensuite un doctorat en génie mécanique à Bologna. Le sujet de thèse qu'il présenta en 1948 fût un projet de moteur de moto à 4 cylindres en V et doubles arbres à cames. C'est à cette époque qu'il commenca à s'intéresser à la distribution desmodromique.
Il suivit alors des cours d'enseignant durant quelques temps dans un institut technique à Imola tout en travaillant pour Ceccato comme consultant, c'est alors qu'il réalisa son premier moteur.
Taglioni débuta comme ingénieur chez FBMondial en 1952 au sein du département compétition, il y conçu le moteur de la 125 victorieuse au Moto Giro d'Italia.
Il entra définitivement chez Ducati en Mai 1954 comme ingénieur en chef à l'âge de 34 ans. Nommé directeur technique en 56 il produisit aussi tôt sa première moto à distribution desmodromique, la 125 "trealberi" grâce à laquelle Ducati sera champion du monde des constructeurs en 1958 et 1959.
Ses créations les plus remarquables sont les mono-cylindres et parallel-twins "trealberi" desmo de Grands Prix, la série des mono-cylindres 250/350/450 desmo lancés en compétition 1966, les 750/900/1000 L-twins desmo à couples coniques à partir de 1971 et la série des Pantah 500/600/750 F1 et TT2 / TT F1 à courroies crantées de 1980 à 1986.
Il partit à la retraite en Mai 1989 en ayant dessiné plus de 1000 moteurs dans sa carrière dont plusieurs prototypes V4 et continua à assurer un rôle de consultant chez Ducati jusqu'en 1995. Contrairement à certaines idées reçues il n’est pas l’inventeur de la distribution desmodromique (qui date de le fin du 19-ème siécle) mais il est le seul à l'avoir adoptée en grande série à partir de 1968 et sur toute la gamme Ducati depuis 1980.
Né en 1920, il est décédé en 2001. Il est apparu pour la dernière fois en public lors des "World Ducati Days" en 2000.
Voir aussi le chapitre histoire du site officiel Ducati
Brève histoire de la distribution desmodromique:
Voir la rubrique "la distribution desmodromique" entièrement consacrée à ce sujet et la partie concernant les premières Ducati desmo en page 2.
Les premiers systèmes desmo connus datent de 1889 et 1893 ! (brevets Daimler-Benz et ClaudeBonjour). Par la suite Delage
(coupe de culasse), Peugeot et beaucoup d’autres l’ont testé en compétition avec plus ou moins de succès. Mais avant les premières Ducati desmo, ce système a réellement prouvé son efficacité pour la première fois chez Mercedes-Benz qui déposa son brevet en 1954 suivant un dessin particulièrement simple et logique qui s’est imposé par la suite. Taglioni s’en est inspiré lorsqu'il a créé sa première distribution desmodromique en 1956.
Les Mercedes W196 (2,5 litres 8 cyl 290 hp à 8700 rpm injection directe Bosch et double allumage), surnommées "flèches d’argent", ont été d’imbattables championnes du monde de Formule 1 avec Juan Manual Fangio et Stirling Moss (vice-champion) en 54 et 55. Ce moteur en version 3 litres permit à Moss et Jenkinson de remporter les "Mille Miglia", une sorte de tour d’Italie qui se courait comme un rallye avec un copilote, ainsi que le championnat "sport" avec la 300 SLR roadster-sport (340 hp / 7500 rpm). A son volant Fangio mena aussi les 24 heures du Mans avant un dramatique accident qui causa le retrait de Mercedes de la compétition fin 55 malgré ses nouvelles victoires aux championnats Formule 1 et Sport.
photo 6: Moss et Jenkinson aux Mille Maglia sur la 300 SLR, 7: Juan Manuel Fangio sur une W 196 en 1986, 8: Stirling Moss sur la 300 SLR
moteur Mercedes M 196: 8 cyl en ligne desmo 2 arbres à cames en tête à injection directe et culasse soudée au bloc cylindres
Après les succès de Mercedes et Ducati il y a eu un regain d'intérêt pour le desmo. Les systèmes les plus connus ont été réalisées par Porsche, Fiat, Osca en F1 (voir ci-dessous) et sport-prototype, Masarati, Cosworth, Scarab avec un 4 cylindres 2,5 litres de Formule 1 aux USA en 1960, et autres en automobile, Morini, Honda (avec un twin 125 en 1962), Suzuki, MTV-Mototrans et MV en moto entre autres.
Mais les seuls qui l’ont vraiment mis au point restent Mercedes en 1954, Ducati en 1956 avec les 125 "trealberi" de Taglioni et Osca en 1957.
(voir la galerie de photos "desmo" en bas de la page d'accueil)
Par ailleurs Taglioni a participé à un projet de Formule 1 desmo pour Osca Fratelli Maserati en 1960 avec un 1500 V8 refroidi par air et Ducati collabora sans doute avec Ferrari en 89 sur un projet V12 F1 type 035-5 desmo à 5 soupapes. Le Ferrari desmo a-t-il couru, c’est peu probable, quant au moteur Osca le prototype monocylindre a explosé au banc d’essais mais au grand soulagement de Taglioni la distribution était intacte ! Finalement le V8 a atteint 170 hp à 11.000 t/min mais faute de moyens ce projet resta sans suite.
le moteur exposé chez un collectionneur en Italie
le système desmo du 4 cylindres Osca
Osca 2000 desmodromico Mais, après Mercedes, Taglioni reste le maître incontesté du desmo et Ducati lui doit tout. Ceux qui remettent en doute la superiorité de ce système n’en ont tout simplement pas compris les réels avantages et surtout pas réussi à l’imiter.
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Le meilleur exemple en est le projet maladroit et avorté de BMW avec la R1 desmo 1000 "Superbike" des années 90-92 (photos ci-dessous) qui avec 140 hp à 11.00 t/min a été loin d’atteindre les performances espérées à cause de défauts de conception.
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Pour rester conforme à son image BMW a commis l’erreur de garder le moteur boxer transversal (dans un cadre Nikko Baker avec Telelever).
La transmission par cardan et ses effets, la maniabilité, l’aérodynamique et les pipes d’admission fortement coudées préjudiciables à la puissance ont fortement handicapé cette machine qui s’est avérée peu efficace. Finalement elle n’a jamais été engagée en compétition et le projet a du être abandonné. On n’imite pas si facilement Ducati...Il aurait fallu mettre le moteur dans l’axe style Douglas avec une transmission par chaine comme le prototype 500 MV 4 boxer de 1976 et le projet Français 900 Midual twin-boxer de 1999 (photos ci-dessous).
Finalement aujourd’hui Ducati reste le seul à maîtriser et à poursuivre cette aventure avec le succès qu’on sait, alors que le principe fondamental n’est même pas breveté. Celà prouve que le secret ne réside pas que dans ce système, mais aussi dans l’art et la manière d’en exploiter tout le potentiel.
Pour mémoire: le systéme de distribution desmodromique a pour particularité qu’il permet d’assurer l’ouverture mais aussi la fermeture des soupapes par des cames séparées, il est donc pratiquement dépourvu de ressorts de rappel. Son principal avantage provient d’une importante diminution des efforts sur les organes de distribution et ainsi la possibilité d’obtenir un meilleur remplissage des cylindres grâce l’optimisation des lois d’ouverture des soupapes. Son rôle n'est pas empêcher l’affolement des soupapes, les systèmes de rappel modernes sont performants et les F1 non-desmo tournent à 19.000 t/mn. En contrepartie il est plus complexe donc coûteux, délicat à mettre au point et à régler.
Taglioni à sa table de dessin en 1954
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