Mécanique: entretien et améliorations

      

 

Voir sous-rubriques en bas de page:  "procédures de démontage, améliorations"   "electricité"  et "courrier"

 



 

S’il vous prend l’idée folle de refaire un twin parallèle, faites vous soigner... ou lisez ce qui suit: ça peut vous aider...courage.

Néanmoins ces twins parallèles restent financièrement abordables à tous points de vue. C’est un bon moyen de se faire une Ducati "classic", éventuellement pour courir en "anciennes" sans "casser sa tirelire" mais les pièces sont difficiles à dénicher.
Ce n’est pas le cas de certains modèles qui font l’objet d’une certaine surévaluation pour ne pas dire spéculation.
Celà dit, je les déconseille vivement aux apprentis mécanos, il y a plus facile pour débuter dans la restauration, j’en connais qui ont laissé tomber.

 

 

 

Des moteurs fragiles:                                                             

 

La mauvaise réputation des parallèles twins 500 des années 75 à 80 ne vient pas que de leurs performances assez modestes mais surtout du nombre effroyable de casses moteur survenues dans les premières années ce qui leur a valu d’être surnommés "paralyzed twins" par un éminent spécialiste que je ne nommerais pas ici. Les 350 un peu sous motorisées se montraient un peu plus fiables.

Ces casses sont dues à plusieurs raisons développées dans le chapitre "technique", et sont principalement liées à des problèmes d’embiellage et de distribution.

(En dehors du fait que comme sur tous les moteurs anciens il ne faut pas tirer dessus à froid et surveiller les réglages allumage, carburateurs et culbuteurs.)

 désagréable surprise sur mon moteur à 23.000 Km  

 


Problèmes d’embiellage:

 

 Les deux paliers principaux de type lisse (Ø 50 mm) sont fragiles et sujets à des échauffements. Comme le jeu est faible ça peut serrer et adieu paliers ou embiellage...
Ces paliers sont constitués de bagues en acier recouvertes d’une mince couche de bronze au béryllium. Les manetons et soies, portées de bielles et paliers du vilebrequin, sont durcies superficiellement par sulfonitruration (procédé Sursulf).
Il y avait aussi sur les premières séries une faiblesse un niveau des boulons de tête de bielle: le kit racing comportait des vis renforcées de diamètre 10 mm qui ont ensuite été montées en série à la place des 8 mm en même temps qu’un nouveau vilebrequin renforcé.
On a vu des bielles enroulées autour ou passées à travers les carters et même sur les premières GTL et SD des vilebrequins cassés en deux en cours de rodage, c’est tout dire !
D’autre part l’absence de palier central peut causer des flexions de cet embiellage qui entrainent une usure rapide des bagues. Mais une autre partie du problème semble venir des butées latérales (pas assez larges ?) qui font chauffer ces paliers sous l’effet des efforts axiaux dus à la transmission primaire à denture hélicoïdale. D’ailleurs le kit racing comportait une denture à taille droite (straigt cut) qui était paraît-il le secret de la fiabilité de l’embiellage, mais ce kit est aujourd’hui introuvable (voir sous-rubrique "courrier"). D'ailleurs un amateur Hollandais en à réalisé un:

cluch-gear.jpg

Avec des bons vieux roulements à billes comme sur les Pantah ce défaut n’aurait pas éxisté mais il n’est pas possible d’en monter du fait du dessin des carters.
Un petit commentaire intéressant de Sergio:

 "Comme les pignons de transmission primaire sont à taille oblique, lorsque le moteur entraîne la moto, il se créé un effort axial qui vient plaquer le vilebrequin d’un côté sur l’un des 2 paliers, le jeu étant alors maximal sur l’autre. Dès qu’on coupe les gaz et qu’on utilise le frein moteur, l’effort axial change de sens et l’embiellage est "projeté" en butée de l’autre côté, et le choc est d’autant plus rude que le jeu est important. A terme avec l’usure, ce phénomène pourrait entraîner une rupure du film d’huile et un échauffement des paliers." 


Il faut donc prendre certaines précautions pour assurer le meilleur graissage possible :  

Par sécurité toujours garder le niveau d’huile très haut, au dessus du maxi,vérifier souvent. On peut sans risque de barbotage excessif monter à 15 mm au dessus du maxi, la jauge est mal graduée et pas pratique d’origine. D’ailleurs plus la quantité d’huile est grande moins elle chauffe et moins vite elle se dégrade.
 De plus les moteurs souffraient souvent de fuites d’huile, alors prudence, vérifier souvent, beaucoup ont du casser tout bêtement à cause d’un niveau d’huile trop bas: comme le carter n’est pas très profond  la pompe désamorce facilement, et là...  

Assurez vous aussi que le clapet de décharge de pression d’huile situé à coté de l’alternateur n’est pas déssérré, au besoin utilisez du fil de sécurité.
Pour la compétition un cloisonnement amélioré du carter et un radiateur d’huile sont vivement conseillés. Certains ont vu le voyant de pression d’huile s’allumer lors des gros freinages

                   

 

 

 

Vidanger souvent, tous les 3000 km et changer le filtre toutes les deux fois, ne pas oublier de nettoyer la crépine du bouchon de vidange. A savoir que ces moteurs ne supportent pas les huile de synthèse ou semi-synthétiques, ça fait patiner l’embrayage (à moins qu’il soit renforcé). Il faut donc utiliser de l’huile minérale moto de très bonne qualité ( la Motul 3000 convient parfaitement ) avec éventuellement un petit dopage synthétique (Liqui Moly super oil protection). 

 

    vue de dessous  

 

Il faut aussi prêter une grande attention aux jeux  (clearances) de l’embiellage et à l’ovalisation des têtes de bielles: si on dépasse les tolérances la pression d’huile chute. Remplacer si besoin les paliers et coussinets (on trouve encore des paliers en cote standard) et règler le jeu axial.
Ce réglage délicat par des rondelles de calage (cf éclaté carter) se fait plus facilement en faisant un montage provisoire du vilebrequin dans les carters nus, on mesure alors le jeu au comparateur. Faites usiner une cale unique épaisse de chaque coté, les empilages de cales fines sont trop fragiles. Profitez en pour vérifier également que le vilebrequin n’est pas voilé et au passage pensez à nettoyer les épurateurs centrifuges (deux vis sans tête 23 à la périphérie du vilebrequin difficiles à enlever).
L’embiellage étant la cause d’avarie principale de ces moteurs controler régulièrement le jeu axial du vilebrequin à l’aide d’un comparateur:
-tolérance jeu axial entre butées: 0.05 / 0.30 mm (note SIMMO)
-tolérance jeu radial paliers: 0.03 / 0.06 mm au montage, la limite d’usure des paliers est de 0.12 mm. Mais la valeur idéale de ce jeu est difficile à déterminer à cause des flexions que subit le vilebrequin:
si le jeu (clearance) est trop faible les paliers risquent de serrer, s’il est trop fort la pression risque de chuter, une valeur de 0.08 à 0.10 mm est peut-être acceplable.
Pour un usage en compétition prévoir des jeux (clearances) assez importants, la dilatation thermique du vilebrequin est significative. 
 
Les bielles ont été modifiées
: les vis de fixation des chapeaux sont passées de Ø 8 à 10 mm à la suite de ruptures. Il est conseillé de remplacer systématiquement ces vis à chaque démontage et de passer à 10 mm au besoin (vous en trouverez chez SEPA).
Le kit racing NCR comprenait des vis renforcées repérées par un "V" qui devaient être sérrées à 4 kgm au lieu de 3,5
mais Mototrans préconise un couple de serrage de 6,5 kgm pour les vis de 10 (acier de qualité supérieure ?) 
Les coussinets de bielle seraient les mêmes que ceux des 750, en effet le diamètre des manetons (40 mm) est identique.
-tolérance coussinets de têtes de bielle: 0.02 / 0.055 mm
-tolérance jeu piston/chemise sur moteur neuf: 0.055 / 0.085 mm
 

Fragilité de la distribution: 

Les demi arbres à cames creux au milieu pour le passage d’huile sont obstrués par des pastilles en aluminium mal serties (0619.29.035) qui ont une forte tendance à prendre leur liberté. Du coup la pression d’huile diminue parce que les joints toriques portent mal et ne sont pas étanches si les arbres à cames ont du jeu axial. C’est une cause des gros dégâts sur la distribution (arbres à cames et culbuteurs hors d’usage). Il faut que les arbres à cames soient légèrement serrés entre les roulements pour que ces joints toriques appuient sur le pignon ce qui l’empêche aussi de "flotter" latéralement.
Une solution de dépannage consiste à remplacer les pastilles (pour les sertir frapper sur le coté convexe avec un jet assez gros), puis à interposer un ressort moyennement dur, pour ne pas forcer sur les roulements, avec des rondelles d’appui entre les deux pastilles de façon à les maintenier en place.
Mais l’idéal consiste à monter un circlips intérieur bien sérré pour que ça tienne à l’intérieur de chaque demi-arbre à cames (photo), c’est la solution que Mototrans a fini par adopter mais avec des gorges. Il parait que Ducati a "solutionné" ça sur la fin avec une rondelle élastique.
La distribution est donc la première chose à vérifier.

 

          autres images
photos de démontage

 

détails de la distribution desmo Mototrans avec guidage de chaine amélioré: rajout d’un patin pour éviter le frottement de la chaine sur la culasse, à comparer avec le montage d’origine chapitre "technique"

Toujours au sujet de la distribution, le tendeur de chaine automatique est....innommable, la vis de déblocage en bronze est fragile et inaccessible et pour détendre la chaine il faut soulever la pièce cranté 525 ce qui nécessite de soulever la culasse ! Même problème pour retendre, il faut accèder à cette fichue vis...
Il n’est pas facile non plus de dériveter la chaine comme sur les 450 Honda (ça faciliterait tellement les choses) faute d’accessibilité à moins de fabriquer un petit dérive-chaine qui passe, donc ... patience et sang froid ! 
Certains astucieux ont modifié le tendeur avec un système vis-écrou exterieur. L’idéal serait une cascade de pignons....en rêve....ou une chaine de bonne qualité avec une attache rapide sûre.
Il est donc fréquent que l’on trouve des chaines de distribution restées détendues ce qui se remarque par le bruit et les marques de frottement. De plus le tendeur lui même était mal dessiné et n’assurait pas correctement la tension de la chaine, il a été modifié par la suite (voir notes Simmo en "documents suite"). Par ailleurs le brin tendu frotte sur la culasse parce qu’il manque un patin, Mototrans y a remédié.
En règle génerale cette commande par chaine est fragile et bruyante, c’est pour celà que Mototrans a adopté le desmo qui impose des contraintes moins élevées tant à la chaine qu’aux cames et culbuteurs et amélioré le guidage de la chaine par un patin supplémentaire fixé au bloc cylindres. Ils avaient en plus assuré le graissage du haut moteur via un radiateur, l’huile refroidie étant plus visqueuse le graissage était meilleur. Par la même occasion, ça éliminait en partie le problème de fuites un niveau du joint de culasse puisque l’huile arrivait par des flexibles et perçages par le dessus. 
Mais pas de panique, une non-desmo bien entretenue, avec une bonne huile, ne cassera pas mais sera plus fragile de ce coté là (arbres à cames et culbuteurs).
A propos d’arbre à cames, si par miracle vous trouvez un "racing", sachez qu’il procure une levée de soupapes d’un mm de plus, il faut donc impérativement fraiser les embrèvements de tête de piston de la même valeur.
Assurez vous aussi de l’absence de point dur à la rotation des arbres à cames desmo. Contrôle à faire sur l’établi culasse déposée, ce qui suppose de déposer la culasse à chaque changement important d’épaisseur des cales de réglage... C’est écrit en toites lettres dans le manuel Mototrans. Ces points durs qui sont dus à des cames mal usinées peuvent être une cause de gros dégats sur la distribution: voir en rubrique "desmo" et "méthode de réglage Mototrans.

    culasse Mototrans avec les arrivées d’huile au dessus

 

Fuites d’huile par le joints de culasse:

C’est un classique de ces moteurs, quasi insoluble, surtout sur les premières GTL ET SD.
Commencer par vérifier la planéité des portages de la culasse et du bloc cylindres, faire rectifier si besoin.
Ensuite mettre bien sûr des joints toriques de passage d’huile neufs, voir plus épais que d’origine.
Pour finir resserrer la culasse à 4 kgm après 500 km.
 Mais le problème vient du tunnel central de chaine de distribution, ça fuit par le portage du joint faute d’un nombre suffisant de vis de serrage. Ducati a tout essayé pour y remédier y compris des pates à joint "miracle" de chez Ferrari, il parait que les tout derniers moteurs produits ne fuyaient plus....

 

 

 
Cette fragilité est liée aussi à des problèmes plus délicats de métallurgie:

Il faut aussi savoir que la qualité de fonderie des carters est  très douteuse, les mauvais ne dépassent pas 25000 km. Prenez donc de préference une machine des dernières séries qui a dépassé ce cap et....refaites soigneusement le moteur en vérifiant bien qu’il n’y a pas la moindre crique sur les fonderies au niveau des paliers et également la planéité des portages, idem pour la culasse.

Évitez les GTL même si elles sont répandues et aussi les 500 SD de 1976. Lorsque mon carter a cassé (photo), la compteur affichait un peu plus de 23000 km et au démontage on a trouvé un pignon de boite de vitesse cassé. La rupture du logement de roulement d’arbre shaft) primaire s’expliquait peut-être par une faiblesse de la fonderie (paille) dont le dessin en porte-à-faux est étonnant à cet endroit là, à moins que ce soit le pignon qui ait lâché en premier. Pourtant c’était une GTV de 1978, celà dit elle avait été sérieusement malmenée et accidentée et le moteur a pu en souffrir.

En plus d’une conception "économique", comme le tendeur de chaine "automatique" de distribution à deux sous, ces moteurs ont souffert des difficultés de l’industrie Italienne de l’époque en matière de métallurgie. Les aciers de qualité manquaient sur le marché ainsi que les compétences en matière de traitements thermiques (cémentation, nitruration, etc). Les meilleurs étaient les allemands et les américains mais à des prix prohibitifs. Ces moteurs ont été conçus et fabriqués à l’économie, avec en plus des fonderies de très mauvaise qualité (porosités et défauts d’épaisseur). 
Tout celà explique qu’en aucun cas on ne peut comparer la fiabilité de ces twins avec celle des Honda
 de l’époque (désolé pour les inconditionnels de la marque, mais "qui aime bien..."). Ce sont des mécaniques qui demandent beaucoup de soins et un remontage précis après inspection détaillée. La leçon semble avoir porté car les 600 Pantah, en comparaison, sont "en béton".

A cause de cette qualité de fonderie aléatoire il est vivement déconseillé de chauffer les carters au chalumeau. Ne dépassez pas 200 °C au four (pour remplacer les paliers par exemple) et réservez la soudure aux cas désespérés.

Une des autres causes provient d’une certaine dispersion dans la qualité des usinages et des montages dont souffrait l’usine à l’époque. Il faut savoir que le personnel était fonctionnaire et que tout se faisait assez "tranquille". Ainsi, si le montage d’un moteur n’était pas terminé à l’heure de la sortie (le fameuse sonnerie de l’usine), la suite attendait le lendemain...ou le lundi, sans parler des grèves à réptition. Alors, il pouvait arriver qu’un serrage ou un ajustement soit oublié ou pire qu’une pièce non conforme ne soit pas rejetée. C’est peut-être pour ça que certains moteurs cassaient ou fuyaient et d’autres pas, selon les resultats de l’équipe de football de Bologne...

 

En résumé: pour avoir une moto plus fiable:

Partez pour commencer d’une base saine et tournante et évitez les premiers modèles

Fiabilisez la distribution

Vérifiez très soigneusement l’embiellage et l’état des carters

Mettez un bon niveau d’huile de qualité et vidangez souvent

Soignez les réglages  (culbuteurs, allumage, synchronisation)

Soignez aussi l’électricité (voir plus loin)

Démulipication finale: ni trop longue ni trop courte (voir démultiplication)

en version traduite ouvrir la page suivante par le lien ci-dessous

page 2

 

 

Suite à l’avalanche de moteurs cassés sous garantie, l’usine a apporté des améliorations successives: 
  
   

Il faut donc être prudent si on reconstruit un moteur à partir de plusieurs, certaines pièces ne sont pas compatibles (voir addendum manuel d’atelier à ce sujet, mais toutes les modifications n’y figurent pas).
Par exemple ont été modifiés: la boite de vitesses et l’embrayage, la roue libre de démarreur puis le portage cylindres/culasse et donc aussi le joint de culasse, (voir plus bas), et aussi le vilebrequin: il y en a plusieurs types différents an niveau du diamètre extèrieur et du cône du pignon. Les vis de bielles, les chemises et pistons et plus tard les arbres à cames ont également été revus, tout ça dans les deux premières années.
Dans le pire des cas vous pouvez vous retrouver avec un moteur qui se bloque au serrage de la culasse parce que les bas de chemises et les jupes de pistons touchent le vilebrequin. D’ailleurs il y a eu aussi trois modèles de blocs cylindres différents (en tenant compte du Mototrans) an niveau du plan supérieur et des vis de serrage sur le carter à l’arrière.
Ainsi un ensemble cylindres culasse "2 ème génération" peut être monté directement sur un bas-moteur "1 ère génération", mais pas l’inverse parce que le diamètre du vilebrequin a été augmenté pour le rigidifier. Il faut fraiser en arc de cercle le bas des pistons et des chemises (enlever 1 mm). Mais comme ces premiers embiellages étaient fragiles, c’est vivement déconseillé. La plupart de ces modifications s’appliquent aux moteurs depuis le N°de série 502380 c’est à dire les GTL et sport desmo après 1976. En clair méfiance si votre moteur porte un N°inferieur à celui-là...  

C’est un problème d’autant plus délicat que nombre de ces modifications ne sont signalées nulle part (arbres à cames, vis de bielles ). Seuls les concessionnaires en étaient informés. Attention aussi parait-il aux pièces dont les numéros seraient frappés d’une astérisque, elles seraient non conformes et auraient pourtant été vendues...je ne sais pas si c’est vrai.

Une cinquantaine de modifications ont été apportées en 77 par Taglioni appelé au secours par Mototrans, notament sur le graissage et la distribution. Malheureusement les modèles italiens n’en ont pas profité, ainsi les derniers 500 Mototrans sont  nettement plus fiables.

 

 

 

                                                                                           

 

     couples de serrage

 

 

 

 

                                                          modification de la cloche d’embrayage

 

 

 

 

 

                              remontage en cours du moteur vu coté alternateur

 

                                                                                                                    

les formes très particulières du bloc cylindres et de la culasse avec le puits de chaine derrière :

Remarquer la différence au niveau du plan de joint et des passages d’huile par rapport bloc cylindres à gauche. A noter aussi le joint métallique (5) entre chambre de combustion et haut de chemise dépassante qui a été intégré par la suite au joint de culasse avec les chemises affleurantes, du même coup la compression a été diminuée de 9,5/1 à 9/1.
D’une année à l’autre beaucoup de choses évoluent, prudence...Sur les premières GTL et SD les chemises dépassaient du bloc cylindres et il n’y avait pas encore de joints toriques de passage d’huile. Encore une fois il y a eu 3 types de blocs cylindres, culasses et joints de culasse différents (le Mototrans à droite).
Bien sûr ils ne vont pas forcément les uns à la place des autres.

 

 

 Fuites d’huile: le serrage en 3 points seulement du joint de tunnel de chaine de distribution insuffisant pour assurer l’étanchéité

  

 premier montage (joint 5)                                    second montage avec joints toriques

                 
 les 3 types différents de joints de culasse

 

 

 

 

 

 

 

Pour déposer et remonter les chemises, ne tapez pas dessus ! mettez le bloc au four à 200°C, les chemises sortent toutes seules par différence de dilatation thermique entre la fonte et l’aluminium. Idem pour les bagues paliers de vilebrequin.

 

 

Idem au remontage en faisant bien attention à la position (il n’y a pas de repère), sinon l’arrondi de bas des chemise touche le vilebrequin

Parenthèse sur les mécaniciens:

 

C’est pour cette raison que ces machines étaient détestées par les mécaniciens et les concessionnaires Ducati de l’époque, parlez en à Rory Simpson, il refusait d’y toucher. Ils en ont trop vu arriver sous garantie avec des fuites d’huile, les bielles enroulées autour du vilebrequin et bien pire et comme ce ne sont pas des moteurs spécialement faciles à démonter et remonter, les gars étaient pris d’une subite envie d’aller aux toilettes pour les laisser aux collègues.

Il y en a pas mal qui ont réfléchi pour fiabiliser ces embiellages, mais bien monté ça peut marcher tel que... un certain temps...
C’est un niveau du graissage que des modifications sont envisageables (voir préparation compétition).

Donc, pour nous les amateurs, plus la machine est récente mieux ça vaut. J’insiste, évitez les premières GTL et SD de 1975 ou 1976 avec moteur d’origine, les embiellages ne tiennent pas longtemps, prenez plutôt une GTV ou Desmo post 76. Les dernières Mototrans sont encore mieux, ce sont les plus fiables. De toutes façons les mauvaises , les fragiles, ont pratiquement disparu. C’est pour ça qu’on ne trouve presque plus de GTL première génération entières. Si vous possédez une GTV  ou une des dernières desmo complète (post 77) dites vous que ça vaut le coup de la garder, elle a des chances de tenir.

A ce sujet j’ai une anecdote amusante: J’avais un copain du genre soigneux qui roulait en 500 Desmo et après un kilométrage important il n’avait connu aucun ennui. Un commercial en a fait part à l’usine, et à sa grande surprise ils lui ont proposé un échange gratuit de son moteur pour un des derniers neufs qui restait en stock à l’usine. Ils voulaient comprendre par quel miracle le sien n’avait pas cassé ! C’était peut-être le début de la politique qualité chez Ducati...Il y en a qui avaient du se faire sérieusement engueuler, d’ailleurs on a plus entendu parler de ce pauvre Tumidei (une petite pensée pour lui..il a du être muté au département diesel).

Cela me fait penser aussi qu’à l’époque il existait encore un SAV chez Ducati... (une telle attitude serait inimaginable de nos jours) et de bien sympathiques petites concessions dont le patron était un mécano passionné et même parfois un pilote de course. Allez donc trouver aujourd’hui un patron de "Ducati Store" de ce style...parlez en donc à Pierre Foucart, motociste à Argenteuil dans le Val d’Oise. Ils l’ont obligé à enlever le logo Ducati de sa vitrine, pourtant il y a de petites merveilles dans la boutique (Morini, MV, 750 TT F1) et il sait de quoi il parle. C’est un ancien mécanicien de Val d’Oise Compétition et il connaît toutes les Ducati par coeur, mais justement le coeur n’y est plus...et pour cause.